L’indépendance des chercheurs et leur liberté d'expression : deux notions cruciales à garantir !

On le voit tous les jours, les débats de société sont intenses, qu’il s’agisse du climat, de la biodiversité ou de droits humains. Dans tous les cas, pour que les débats avancent, il est nécessaire que les faits scientifiques avérés ou en cours de recherche, à des stades suffisamment solides, soient diffusés, car ce sont eux qui permettent de fonder les opinions et par conséquent les orientations politiques et les comportements des citoyens. Et pour qu’on puisse s’appuyer sur des faits objectifs, nous devons garantir l’indépendance de la recherche vis-à-vis de diverses influences, politiques ou économiques, pour n’en citer que deux.

Rien de nouveau dans ces affirmations. Mais pourquoi alors en parler ? Parce ce que l’actualité suisse a montré que l’indépendance des chercheurs n’était peut-être pas toujours assurée, et que leur droit de s’exprimer sur leurs connaissances pouvait être âprement discuté. ToxicFree souhaite marquer son soutien aux scientifiques qui s’engagent dans des questions de société, mettant à disposition leurs savoirs au profit de diverses causes et notamment des causes environnementales et humaines !

Des chercheurs libres de s’exprimer, en leur nom et en tant que citoyens
Comme plusieurs universités l'ont rappelé récemment, les chercheurs sont aussi des citoyens qui ont la liberté de partager leurs savoirs, en tant que spécialistes, et d'en faire profiter un large public. C'est d'ailleurs ce que rapporte Nathalie Chèvre, maître d'enseignement et de recherche à l'Université de Lausanne, invitée dans l'émission Forum le 12 novembre dernier, qui s'exprime régulièrement sur la problématique des pesticides, et qui doit absolument pouvoir continuer à le faire afin que nous ayons tous accès à ses connaissances !  C'est également la position que défend clairement Kilian Stoffel, recteur de l'Université de Neuchâtel, dans une interview accordée à Heidi.ch : "un professeur est aussi un citoyen. A partir de là et [...] à partir du moment où il signe en son nom et pas au nom de l’université, il n’a pas moins de droit qu’un autre citoyen a s’engager publiquement en faveur d’une cause."


Aucune tolérance pour les influences politiques ou économiques cherchant à limiter l’indépendance des chercheurs
Il est bien entendu intolérable d’imaginer des pressions politiques ou économiques sur les chercheurs et leurs études puissent s’exercer dans notre pays. Jamais trop prudent, il convient donc de rester particulièrement vigilant sur d’éventuelles tentatives, y compris dans les plus hautes instances, pour orienter l’interprétation de résultats scientifiques ou leur diffusion, à des fins politiques ou économiques.

 


Quelques cas récents illustrant le besoin d’expression manifesté par des scientifiques pour défendre des causes environnementales et alerter l'opinion publique :

  • Nathalie Chèvre, invitée dans l'émission Forum sur la RTS, s'exprime sur la communication faite par les chercheurs et les difficultés qu'ils peuvent aujourd'hui rencontrer, notamment lorsqu'ils s'expriment sur des sujets faisant l'objet d'une prise de conscience plus globale et donc une plus grande sensibilité du public à cet égard, comme pour la dangerosité des pesticides.

  • Depuis quelques mois, plus de 200 scientifiques et académiques ainsi que plus de 700 citoyens marquent leur soutien au mouvement Extinction Rebellion (XR) en signant un site web dédié : soutienxr.ch

  • Pour leur donner une visibilité aux yeux du grand public, Le Temps offre un espace d'expression et d'échanges avec les lecteurs à diverses personnalités, dont des scientifiques, qui peuvent alors s'exprimer librement. Quelques exemples avec le blog de Dr. Nathalie Chèvre, écotoxicologue, le blog de Dr. Valentine Python, climatologue et géographe, le blog de Dr. Augustin Fragnière, chercheur en science de l'environnement et philosophe, ou encore le blog de Dr. Francis Saucy, biologiste.

  • En novembre 2019, 11'000 scientifiques de 153 pays, dont 300 Suisses, ont signé un rapport publié dans la revue BioScience pour alerter le monde sur l’urgence climatique.

  • En 2017, 15'000 scientifiques de 184 pays avaient déjà signé un "appel contre la dégradation catastrophique de l’environnement", publié dans la revue BioScience, mais aussi relayé pour le grand public par Le Monde.

 

Publié le 22.11.2019